Marion Allemoz, « fière d’être la capitaine de l’équipe de France de hockey »

C’est l’une des rares joueuses françaises à avoir été draftée par une équipe canadienne. Marion Allemoz, capitaine de l’équipe de France de hockey sur glace est, à 28 ans, à l’apogée de sa carrière nord-américaine. À l’aube du début de la nouvelle saison (premier match le 14 octobre contre Boston), la joueuse des Canadiennes de Montréal se livre pour Les Championnes.


L.C : Marion Allemoz, vous êtes initialement de Chambéry. Depuis quand êtes-vous au Canada ?

Marion Allemoz : « Je suis partie en Amérique du Nord en 2012. En fait, j’étais à la recherche d’une nouvelle expérience, et d’une plus grande concurrence. Là-bas j’ai intégré le cursus universitaire (université de Montréal) et j’ai pu continuer de m’entraîner dans de bonnes conditions en parallèle de mes études en criminologie.

Des études de criminologie alors que vous êtes hockeyeuse…

Oui je suis diplômée en criminologie. Le hockey n’étant pas un sport professionnel chez les femmes, même au Canada, on est obligé de suivre correctement un cursus scolaire. La criminologie, c’est un métier très varié qui consiste notamment à travailler en milieu carcéral ou dans des centres de toxicologie.

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Comment s’est passée votre intégration au Canada ?

Très bien. En fait, on avait la chance d’avoir avec l’équipe de France des liens avec la direction des programmes de l’université de Montréal. Du coup je n’ai pas eu de mal à m’intégrer. D’ailleurs, de plus en plus de joueuses cherchent des équipes à l’étranger, c’est enrichissant, ça relève le niveau et permet de partager des expériences différentes.

Vous êtes la deuxième française à avoir été draftée en ligue canadienne après Virginie Bouetz-Andrieu.

Pour moi c’est un super privilège. D’autant plus qu’avoir la chance de jouer pour les Canadiennes de Montréal, dans une ligue si relevée, n’est pas donné à tout le monde. En tout cas, si j’ai pu donner envie à d’autres françaises de tenter l’expérience à l’étranger, c’est une bonne chose.

Surtout que vous devez donner l’exemple en étant capitaine des Bleues, non ? 

J’ai été capitaine très jeune, dès 2009 (à 20 ans). C’est une fierté d’avoir ce brassard mais ça engendre aussi un peu de pression. En tout cas, j’essaye de ne pas bafouer ce rôle en guidant au maximum la nouvelle génération au plus haut niveau du hockey.

 

« Mon objectif n’est pas de battre les 251 sélections de Virginie Bouetz-Andrieu »

 

La ligue canadienne de hockey sur glace féminin et votre club, vont donner une prime à leurs joueuses dès cette saison. Est-ce une petite révolution dans votre sport ?

En fait, c’est une prime annuelle mais dont la somme (entre 2000 et 10000 dollars, 1700-8500 euros), distribuée en fonction de plusieurs critères, d’ancienneté notamment, ne permet pas de vivre. À côté, je suis obligée de travailler dans un sport-étude en plus de mes 7 heures d’entraînements hebdomadaires et les matchs.

Vous avez été championne du Canada avec Montréal et soulevée la coupe Clarkson en 2017. Comment abordez-vous cette nouvelle saison ?

On aimerait garder le titre donc on va tout faire pour. Cette année, on n’est pas spécialement favorite parce que le système de Draft, moins connu en France, fait que les équipes évoluent beaucoup à chaque intersaison en fonction du recrutement qui a été fait. Cette année c’est pire puisque les Jeux-Olympiques vont en plus nous priver d’un bon nombre de joueuses cet hiver.

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Quels sont les prochains objectifs de l’équipe de France de hockey féminin ?

On a des bonnes joueuses et un gros potentiel. Malheureusement, on a échoué de peu à se qualifier pour nos premiers J.O. On repart donc pour un cycle de 4 ans jusqu’au Jeux de Pékin en 2022. À court terme, le but est de gagner quelques places au classement mondial pour participer aux championnats du monde élite.

À titre personnel, vous approchez doucement du record du nombre de sélections de Virginie Bouetz-Andrieu. C’est un objectif de la dépasser ?

Non pas vraiment. Je suis à un peu moins de 200 sélections en équipe de France mais Virginie s’est arrêtée à 251. Ce chiffre est encore loin et n’est pas franchement un objectif. Mon but est juste de continuer à prendre du plaisir à jouer au hockey.

 

Propos recueillis par Nathanaël Valla-Mothes

Author: Nathanaël Valla-Mothes

Passionné de sport, je suis passé par L'Equipe et La Provence avant de me lancer dans le grand bain du sport féminin. Follow @MothesValla

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