Marie Dorin-Habert : « Ma place pour les J.O n’est pas assurée »

Actuellement en stage de préparation à Oberhof en Allemagne, Marie Dorin-Habert, 31 ans, se prépare doucement à ce qui pourrait bien être la dernière saison de biathlon de sa carrière. Avec les Jeux-Olympiques de Pyeongchang en perspective. Interview. 


Comment se passe votre préparation à Oberhof ?

Marie Dorin-Habert : « La phase de préparation se passe bien. Être en stage ici ça veut dire pouvoir rechausser les skis et c’est vraiment un plaisir. Même si j’ai attrapé un peu froid dans le tunnel à l’entraînement, ce n’est rien de grave. En tout cas, rien qui peut vraiment freiner ma préparation.

À un mois du début de la coupe du monde (du 26 novembre au 3 décembre à Östersund, Suède), comment répondent les jambes ?

En ce moment les sensations sont bonnes. Je suis assez satisfaite du travail fait cet été tant au niveau du tir que de l’endurance. Je pense être sur la bonne voie pour lancer cette nouvelle saison, la 11e de ma carrière.

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Une saison qui pourrait être votre dernière…

Je n’ai pas encore décidé. Si la décision ne tenait qu’à moi, je ferai une saison supplémentaire. Sauf qu’avec une vie de famille notamment, ce n’est pas à moi seule de décider. Je ferai en tout cas comme si cette année était la dernière. Je veux profiter à fond et faire en sorte de prendre le plus de plaisir sur les skis. Dans tous les cas, des J.O réussis ou non ne seront pas un facteur déterminant dans la décision.

Quatre ans après, il y aura à nouveau une épreuve de coupe du monde en France, au Grand-Bornand (14 au 17 décembre). C’est un objectif pour vous cette saison ? 

Oui clairement. Il y a quatre ans, je n’avais pas pu disputer cette étape là à cause d’une blessure. Je n’ai donc jamais participé à une coupe du monde à domicile. Conséquence, je ne connais pas le parcours du Grand-Bornand. J’aurai à coeur de bien faire devant notre public et de leur donner envie de nous suivre tout au long des quatre jours de compétition.

« Aux J.O, je souhaite me concentrer sur les relais »

Il y a aussi et surtout les Jeux-Olympiques cette saison en Corée du Sud. Avec quel état d’esprit allez-vous les aborder ? 

En fait, ma participation n’est encore vraiment pas certaine. L’équipe de France féminine est très dense et rien ne me garantit pour le moment une place aux J.O. Je veux évidemment y aller mais ça dépendra avant tout de mon état de forme et des résultats sur les premières étapes de la coupe du monde.

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Sous réserve d’une sélection pour les J.O, quels seront vos objectifs sur place ? 

Je souhaite me concentrer sur les relais. Un titre en équipe a une saveur particulière qui entraîne un partage et qui crée des liens. C’est ce genre de souvenirs qu’on garde toujours en mémoire contrairement aux titres individuels, qui, à part de la fierté personnel, n’apportent rien d’autre.

« Je suis contente d’avoir pu montrer que c’est possible d’être mère et athlète »

Vous avez aussi toujours un rôle de « capitaine » dans cette équipe de France…

C’est vrai que personnellement j’aimerais bien pouvoir transmettre des choses aux jeunes générations qui arrivent. Mais sur le circuit, Justine (Braisaz, 21 ans, ndlr), qui a 10 ans de moins que moi, a déjà montré ses talents et n’a pas nécessairement besoin de mes conseils. Je suis pourtant ouverte à toutes discussions et je ne leur cache rien sur mon entraînement. Je ne sais pas si je suis un élément moteur du groupe mais elles savent en tout cas qu’elles peuvent toutes compter sur moi.

Comment faites-vous pour mener parallèlement votre carrière et votre vie de famille ? 

C’est assez particulier effectivement et c’est parfois dure pendant l’hiver quand je suis absente. Heureusement que je suis très bien entourée par mon mari et mes proches, qui m’ont aidée au début pour garder ma fille. Je suis contente d’avoir pu montrer que c’est possible d’être mère et athlète, ce n’est pas incompatible. D’ailleurs, mes plus belles années en ski, c’était la saison 2015-2016 après la naissance de ma fille. Je crois que ça m’a beaucoup apportée sportivement même si la vie de famille en parallèle demande une bonne organisation générale. Il y a d’autres athlètes qui ont fait le même choix que moi, Darya Domracheva (Biélorusse, ndlr), Selina Gasparin (Suisse, ndlr) et quelques autres ont aussi coupé pour mettre au monde un enfant mais resteront de redoutables adversaires cette année. J’ai peut-être initié la mode d’ailleurs (rires) ! »

Propos recueillis par Nathanaël Valla-Mothes

Author: Nathanaël Valla-Mothes

Passionné de sport, je suis passé par L'Equipe et La Provence avant de me lancer dans le grand bain du sport féminin. Follow @MothesValla

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