Le VBC Chamalières a la tête au maintien

La plus grosse structure féminine de volley-ball d’Auvergne-Rhône-Alpes, le VBC Chamalières, fraichement promu, se bat cette saison pour le maintien. Malgré un début de championnat délicat et la blessure de sa passeuse phare, Kathleen Gates.

À observer la cartographie des équipes de volley-ball professionnelles, le VBC Chamalières doit se sentir étrangement seul. Le club du Puy-de-Dôme, plus grosse structure Dames de la région, est aussi l’unique à représenter l’épicentre de la France au haut niveau du volley féminin.

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Anne-Laure Margirier, du haut de ses 21 ans, est la nouvelle meneuse de l’équipe auvergnate. (c)VBCChamalières

Mais la saison démarre sous les pires auspices pour la formation : quatre défaites en cinq matchs, la passeuse Kathleen Gates blessée et c’est tout le magma auvergnat qui se glace.

Une situation inquiétante pour la présidente, Mylène Toubani-Bardet : « Il est clair que perdre Kathleen Gates est une mauvaise nouvelle pour nous mais nous devons désormais faire confiance à la jeunesse ». Et le panache de la jeunesse a un nom, un âge : Anne-Laure Margirier, 21 ans. La nouvelle passeuse, propulsée meneuse, aura la brûlante tâche de guider son équipe au delà d’une 11e place synonyme de coulée en seconde division.

Le 11 novembre dernier, face au club le plus titré du volley féminin français le R.C Cannes, sa fougue n’aura pas réussi à empêcher une défaite en trois sets secs. Un résultat qui entérine définitivement l’objectif premier du club cette saison : le maintien.

Objectif D1

Le maintien, le mot est déjà bien connu dans le Puy-de-Dôme puisque le club en avait fait, lors de sa première saison dans l’élite (2015-2016), son cheval de bataille.  À la lutte jusqu’à la dernière journée, les joueuses auvergnates avaient deux balles de matchs contre Paris Saint Cloud pour assurer leur place en première division et ainsi éviter le très aléatoire ascenseur, souvent promis aux promus. « Ces deux balles n’ont jamais été converties et on est descendues » regrette aujourd’hui la présidente.

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Atman Toubani, le coach des Panthères en pleine discussion avec ses joueuses. (c)VBC Chamalières/Facebook

Pourtant, la déception sera de courte durée. Cette éruption temporaire dans l’élite du volley-ball a permis aux joueuses d’Atman Toubani de remporter dans la foulée une coupe de France fédérale, et, surtout, le titre de championne de France élite, synonyme de remontée. Alors cette saison, malgré les déboires et un magma pas encore cristallisé, l’ambition reste affirmée : « Se maintenir et envisager un avenir plus stable en D1 ». Et pour cela, la structure peut compter sur la chaleur de ses fans. Un public qui avait lui même détenu un an le record d’affluence pour un match de volley féminin (VBC Chamalières-Le Cannet en janvier 2016 avec 4109 spectateurs).

Mais les Léopards – le groupe de supporters du club – ne pourront pas rugir éternellement sans un soutien financier adéquat. « Le problème vient aussi clairement du budget. Nous avons un des plus petits de la ligue avec environ 700 000 euros pour faire fonctionner toute la structure. On avait tablé sur 50 000 de plus pour la saison ». Une somme assez faible quand on sait que toutes les joueuses de l’effectif sont sous contrat et que le budget moyen d’un club professionnel de D1 se situe autour du million d’euros.

Miser sur les joueuses étrangères

À ce compte-là, l’écart entre l’ogre cannois, ses 20 titres de championne de France et son budget colossal (environ 2 millions d’euros), paraissait trop insurmontable pour les Panthères de Chamalières. Mylène Toubani-Bardet refuse pourtant de s’avouer vaincu : « Nos filles sont des guerrières. On attend une rébellion collective qui nous permettrait d’éviter de faire comme 90% des promus, c’est à dire de redescendre aussitôt. Il faut que l’on s’installe définitivement en D1 pour pouvoir mettre des choses en place et attirer aussi des investisseurs, autres que publics. L’argent est le nerf de la guerre ».

À terme, le projet du club s’inscrit d’ailleurs dans la formation. De l’aveu même de la présidente, l’objectif est de créer une structure semblable au plus proche voisin de haut niveau, l’ASM Clermont-Ferrand. Avec une formation et des synergies entre les différents sports, Chamalières rêve de devenir un réservoir de jeunes volleyeuses volcaniques.

« À nous de convaincre par notre projet les investisseurs »

En attendant, avec 8 étrangères dont 4 américaines dans l’effectif, le club mise principalement sur sa filière non tricolore pour réveiller le cratère.  « Nous devons nous lâcher et se battre sur tous les points. Pour le reste, à nous de convaincre les investisseurs privés par notre projet uniquement féminin et basé sur le spectacle. Voilà les clés de la réussite », conclut Mylène Toubani-Bardet. Prochain étape de cet immense défi ? Nantes, 10e, qui précède les Panthères au classement. Ce même club qui a chipé en début d’année le record d’affluence aux Auvergnates (en janvier dernier face à Saint-Raphaël, 4356 personnes, record absolu hommes et femmes confondus). Le 18 novembre prochain, à domicile, il y aura comme de la revanche dans l’air.

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Author: Nathanaël Valla-Mothes

Passionné de sport, je suis passé par L'Equipe et La Provence avant de me lancer dans le grand bain du sport féminin. Follow @MothesValla

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