La 11e édition de la Route de France à nouveau menacée

Les années se suivent et se ressemblent pour La Route de France. En 2017, l’épreuve de cyclisme féminin avait été annulée à cause d’un conflit de calendrier entre l’organisateur et l’Union Cycliste Internationale. Un an plus tard, la situation n’a pas évolué, et met une fois de plus la course par étapes tricolore en péril.

C’est sûrement le signe du destin que la Route de France attendait. L’élection le 21 septembre dernier du Français David Lappartient à la tête de l’Union Cycliste Internationale à la place de Brian Cookson a permis à Hervé Gérardin, l’organisateur de la course par étapes, d’espérer encore. En mars 2017, après des mois d’imbroglios et de luttes vaines, la sanction tombe : l’édition 2017 de la Route de France (classée 2.1) est annulée. En cause ? Les réformes du calendrier World Tour par l’UCI et l’apparition d’épreuves comme la Crescent Vargarda (Suède) à la mi-août, au même moment que la course tricolore.

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Elisa Longo Borghini avait remporté l’édition 2015 de la Route de France devant l’Américaine Amber Neben, tenante du titre et l’Allemande Claudia Lichtenberg. (c.c)

Conséquence, les meilleures formations féminines, étant obligées de s’aligner prioritairement sur les compétitions World Tour, étaient dans l’impossibilité de se déplacer dans l’Hexagone pour huit jours de course. « Je refuse de d’organiser ma course si les grosses formations françaises comme la FDJ-Nouvelle Aquitaine-Futuroscope ne peuvent pas participer » assure Hervé Gérardin, conscient des conséquences fatales qu’impliqueraient ce manque à gagner.

L’absence de grosses écuries dépossède la course des recettes publicitaires essentielles et la couverture médiatique indispensable. C’est le serpent qui se mord la queue et la Route de France s’en mord les doigts : « Je ne sais pas encore s’il y aura une édition 2018, désespère le dirigeant de Routes et Cycles, on a déjà pris un mois de retard et on attend toujours des nouvelles de l’UCI. En l’état actuel des choses, avec ce calendrier, impossible pour nous de proposer la course en août prochain ».

Le calendrier a empiré 

Le coup de grâce est venu pendant les championnats du Monde norvégien de Bergen. Dans sa version 2018 du calendrier World Tour, l’institution du cyclisme mondial a été sourde aux demandes répétées d’Hervé Gérardin : « J’avais écrit à de multiples reprises à Brian Cookson pour trouver une solution dans l’urgence. Personne ne m’a reçu, ils s’en moquent ».

« Pour le moment, il n’y a pas de solutions. La bonne tenue de l’édition 2018 est un gros point d’interrogation »

En août prochain, la Crescent Vargarda occupera donc toujours la deuxième semaine du mois d’août (du 10 au 12) en plus des championnats d’Europe de Glasgow, entre le 5 et le 12. Un embouteillage qui rend presque inéluctable, sauf changement, une deuxième annulation consécutive de l’épreuve. « Je ne vois pas pourquoi ce serait à nous de déplacer les dates de la Route de France. De toute façon avec la densité du calendrier, on ne peut même pas. À moins de l’organiser en mars, ce qui est exclu », maintient l’organisateur.

Un an après, la 11e édition de la Route de France est à nouveau sur la sellette. « Je suis le premier à vouloir que l’épreuve ait lieu. Mais il n’y pas de solutions pour l’instant. La bonne tenue de l’édition 2018 est un gros point d’interrogation » conclut Hervé Gérardin, toujours remonté contre les instances du cyclisme mondial. C’est pourtant bien de l’UCI que viendra, ou non, le salut.

 

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Author: Nathanaël Valla-Mothes

Passionné de sport, je suis passé par L'Equipe et La Provence avant de me lancer dans le grand bain du sport féminin. Follow @MothesValla

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