Coralie Arcuby : « Il faut favoriser les rencontres entres filles à la hauteur »

En 2017, l’athlète Coralie Arcuby (Amiens UC) a tiré un trait sur les épreuves combinées. Études, blessures et emploi du temps chargé ont eu raison de l’heptathlon. La jeune femme de 22 ans s’est pourtant reconvertie avec réussite au saut en hauteur, battant son record personnel dans la discipline à Albi le 9 juillet et devenant, au passage, championne de France espoirs. Interview.

L.C : Vous êtes initialement spécialiste des épreuves combinées mais vous avez fait de la hauteur votre priorité cette saison. Pourquoi ?

Coralie Arcuby : « À la base c’est vrai, je suis plutôt spécialiste des épreuves combinées mais j’ai été blessée l’hiver dernier et je n’ai pas pu m’entraîner jusqu’en mai. J’ai repris progressivement mais j’avais parfois mal et j’ai été forcée de m’arrêter encore. Résultat, j’ai perdu du poids, pourtant indispensable pour l’heptathlon. J’ai donc décidé, surtout par rapport à mes études, de faire une pause dans les épreuves combinées et de me consacrer uniquement au saut en hauteur, qui demande moins de temps et d’investissement. Ça a été une réussite et je dois l’avouer : je me suis surprise.

Est-ce que les études t’ont freinée pour les épreuves combinées ?

Avec les études, c’est vrai, je n’avais plus assez de temps pour les épreuves combinées. Je suis dans une école de commerce et je fais déjà un cursus par correspondance qui me permet un aménagement de mon emploi du temps de sorte que je puisse m’entraîner correctement à la hauteur. Au niveau des examens, j’en ai 4 par an et j’ai accès aux cours sur une plate-forme internet. Malgré tous ces aménagements, il est impossible de faire des épreuves combinées en même temps qu’étudier.

Vous battez votre record personnel à la hauteur cette année (1,m83 à Albi). Quelle est votre marge de progression dans la discipline ?

Ça sera la surprise… Je pense sincèrement avoir une marge grâce aux épreuves combinées qui m’ont beaucoup apportée pour les sauts. On verra comment réagira mon corps la saison prochaine mais une chose est sûre : j’ai une belle marge de progression en technique de saut. Niveau puissance, je pense être au niveau. En tout cas, je vais travailler pour progresser, je pense pouvoir encore me surprendre.

« Le saut en hauteur féminin était à un niveau catastrophique. Il y a 4 ans en élite aux championnats de France, je fais 4e en sautant 1,72m, c’est très faible »

Tu fais partie de la nouvelle génération de sauteuses. Le faible niveau de la hauteur française, c’est fini ?

Il y a peu de temps encore, le saut en hauteur féminin était à un niveau catastrophique. Il y a 4 ans en élite aux championnats de France, je fais 4e en sautant 1,72m, c’est très faible. Mais en voyant la nouvelle génération, c’est vrai que c’est rassurant. Nawal Meniker est une fille avec un gros potentiel qui peut aller très haut. Aujourd’hui, le titre national en élite se gagne autour des 1,88m (1,87m cette année pour Prisca Duvernay à Marseille, ndlr), il y a 5 ans c’était 10 centimètres de moins, ce qui prouve bien l’évolution. La hauteur française va dans le bon sens.

Que faut-il encore pour confirmer ces progrès ?

Il faut selon moi une grosse émulation entre les filles. Chose qui sera possible que lorsque les rassemblements entres athlètes seront plus réguliers. Les rencontres entres nous sont trop rares et ne permettent pas le partage des connaissances sur les méthodes d’entraînement et la technique. Il faut commencer par là mais pour ça, il faut que la fédération y mette un peu du sien.

Paris 2024, c’est devenu la date phare pour la hauteur dames tricolore ?

2024 reste une date encore lointaine. On ne sait jamais comment les carrières peuvent basculer, ce qui est vrai maintenant ne le sera sûrement plus dans 7 ans. Mais je pense qu’en 2024, on aura le potentiel pour envoyer une, voire deux filles aux J.O. En tout cas, on attend plus de moyens de la part de la fédération. D’ailleurs certains changements se profilent déjà, apparemment ».

Propos recueillis par Nathanaël Valla-Mothes

 

Author: Nathanaël Valla-Mothes

Passionné de sport, je suis passé par L'Equipe et La Provence avant de me lancer dans le grand bain du sport féminin. Follow @MothesValla

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