Anaïs Chevalier : « Le Grand-Bornand ? Une bonne répétition pour les J.O »

Renversée par une voiture fin mai alors qu’elle circulait à vélo, Anaïs Chevalier a dû panser ses plaies et sa clavicule cassée. Désormais rétablie, la nouvelle étoile montante du biathlon français tentera de confirmer les promesses entrevues l’an passé (victoire à Nové Mesto et 7e place du classement général de la coupe du monde). À un mois du début des hostilités, la jeune femme de 24 ans se livre sur ses ambitions pour la nouvelle saison.

Vous avez été renversée par une voiture à l’entraînement fin mai. Quelles ont été les conséquences physiques et mentales sur votre préparation ?

Anaïs Chevalier : « Aujourd’hui, j’ai complètement récupéré de cet incident en mai dernier mis à part quelques réflexes neuromoteurs au niveau du bras gauche. J’ai été perturbée dans ma préparation c’est évident mais j’ai refusé de me faire opérer. Jusqu’à début août je n’avais pas touché de carabine ni fait de ski à roulette. Le retour a été progressif et maintenant à un mois de la coupe du monde c’est presque comme s’il ne s’était rien passé.

Mais un accident comme ça marque forcément…

Au début quand j’ai repris le vélo, j’étais un peu parano et j’essayais de me faire remarquer le plus possible par les voitures. J’avais aussi beaucoup d’appréhension en ski à roulette parce que mon épaule n’était pas encore bien soudée, il ne fallait donc pas tomber. En fait, j’ai accusé le coup deux mois après et je me suis demandée pourquoi ce genre de choses m’arrive, moi qui suis une habituée des pépins physiques. Mais au fond, il faut vivre, aujourd’hui je suis à 100% et c’est l’essentiel.

Embed from Getty Images

Vous vous sentez donc en forme pour attaquer la saison ?

Pour le moment, je suis contente de mes sensations. Je n’ai presque pas de retard sur les autres filles même pas du tout au niveau du tir. Mais l’hiver est encore long et le mois qui nous sépare de la compétition me sera largement bénéfique pour peaufiner ma préparation en vue des débuts en coupe du monde en Suède (Östersund du 26 novembre au 3 décembre, ndlr). Je suis prête à tout casser cette saison !

Vous avez explosé aux yeux du public l’an passé en remportant notamment la poursuite de Nové Mesto. Est-ce l’année de la confirmation ?

Je pense devoir passer un cap encore cette saison et confirmer mes performances de la saison dernière (7e au classement du grand globe de cristal, ndlr). Les gens m’ont découverte et c’est motivant de se dire qu’on est attendue. Pour que je puisse confirmer ces progrès il faudra que je sois là tous les week-ends malgré mes capacités de récupération pas optimales. Je n’arrive pas encore à bien enchainer physiquement les courses et c’est un handicap pour viser un top 5 au classement de la coupe du monde, mon objectif cette année. Mais au fil des saisons, on gère mieux l’enchaînement des courses donc à voir. Il va en tout cas falloir être régulière !

« Améliorer son tir implique un énorme engagement mental. Je ne suis pas sûre d’en être capable »

Vous n’avez que 24 ans. Vous sentez-vous capable de progresser encore ?  

Oui, physiquement je suis dans une bonne dynamique et je sens une progression depuis quelques années. Ce n’est pas un bond énorme mais je ne sais pas encore jusqu’où ça peut me mener. Au niveau du tir, ça va être très dure d’être plus régulière. Améliorer son tir implique un énorme engagement mental et je ne suis pas sûre d’être capable d’aller aussi loin…

L’étape de coupe du monde au Grand-Bornand (14-17 décembre) fait rêver non ?

Cette étape me tient très à coeur. J’ai eu la chance de courir là-bas il y a 4 ans mais j’étais jeune et sans aucune chance de jouer quelque chose. Là c’est différent, il y a une chance de faire un beau résultat et surtout, de se préparer pour les J.O. Le fait que la course est à domicile, nous aurons une pression supplémentaire et ça sera un bon test pour les Jeux, une sorte de répétition générale !

Embed from Getty Images

C’est vrai qu’il y a les Jeux-Olympiques aussi !

Pour les Jeux, les relais me tiennent vraiment très à coeur. Gagner en groupe c’est vraiment quelque chose de spécial. Au niveau individuel, je rêve aussi évidemment d’une médaille. Je pense être capable de le faire !

Comment voyez-vous cette équipe de France version 2017-2018 ? 

On doit faire peur (rires) ! Au niveau féminin on aura gros à aller chercher sur presque toutes les courses. La densité de l’équipe fait que l’on est capable de tout. Je suis dans le groupe depuis seulement 4 ans mais les filles, malgré leur jeunesse, ont toutes déjà une grosse expérience au niveau international. C’est un très gros avantage ! »

Propos recueillis par Nathanaël Valla-Mothes

Author: Nathanaël Valla-Mothes

Passionné de sport, je suis passé par L’Equipe et La Provence avant de me lancer dans le grand bain du sport féminin.

Follow @MothesValla

Share This Post On

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *